Je sais que vous vous demandez tous qui est cette Huguette Gillardot à qui je consacre ces lignes … Qui est-elle donc ?
…Huguette Gillardot est une femme que j’ai rencontrée lors d’une dédicace de mon premier roman à Orléans. C’était en 2005 et j’aurais pu oublier cette femme comme j’en ai oublié beaucoup d’autres et comme j’en oublierai certainement encore. Imaginez un peu s’il fallait se souvenir de toutes les personnes qui viennent vers vous lors d’une signature. Surtout trois ans plus tard… J’aurais pu l’oublier mais seulement voilà, je ne l’ai pas oubliée…
Elle avait acheté mon premier roman, comme beaucoup d’autres gens, l’avait lu et m’avait adressé un gentil commentaire comme beaucoup d’autres lecteurs qui avaient aimé A fleur de peaux .
Outre ses bonnes impressions de lecture, elle m’avait aussi beaucoup encouragé pour écrire autre chose, comme une mère ou une grand-mère peut-être. Elle avait fait le choix de maintenir un contact par Internet , comme j’y invite beaucoup de lecteurs en leur donnant mon adresse e-mail à la fin ou au début de mes livres. Huguette ne manquait jamais de m’envoyer ses voeux ou bien des nouvelles au fil du temps, bonnes jusqu’à ce qu’un vilain cancer vienne s’occuper d’elle. De son cancer et d’elle, elle continuait à me donner des nouvelles, regulièrement avec beaucoup de courage et de pudeur. Ca me touchait beaucoup à chaque fois que j’imaginais cette femme en train de lutter contre son mal mais qui trouvait toujours l’énergie de me demander quand sortait mon nouveau roman…
Lorsque le contrat d’édition de Quelques jours avec Christine A a été signé chez Plon et que j’ai créé ce blog, elle a fait partie des premières personnes à qui j’ai envoyé le lien du blog. Je savais que cela lui ferait plaisir mais voilà, le temps a passé et je n’ai reçu aucune nouvelle d’Huguette ni sur mon blog ni sur mon adresse e-mail… J’en étais étonné mais je ne savais pas encore que la maladie avait gagné…
Je ne l’ai su que quelques mois plus tard lorsque j’ai reçu un mail de son mari Pierre m’annonçant la triste nouvelle. Il avait découvert dans la boîte e-mail de son épouse le mail que je lui avais adressé. Huguette a lutté jusqu’au bout. Et jusqu’au bout aussi elle a aimé la littérature… Pierre Gillardot, que je n’ai jamais rencontré m’a envoyé un mail très émouvant, me promettant d’acheter Quelques jours… dés qu’il paraîtra, comme pour faire plaisir à Huguette, partie là bas pour ce long voyage au pays des gens qui ne vivent plus…
Cette histoire et le courage dont a fait preuve Pierre Gillardot méritait que je lui consacre ces lignes et, cher Pierre que je ne connais pas, vous n’aurez pas besoin de vous procurer Quelques jours avec Christine A car je vais me faire un plaisir de vous l’offrir, comme un nouvel hommage à Huguette…