D’abord, je vous dois quelques excuses car il y a bien longtemps que je n’ai pris le temps de livrer, à vous tous qui fréquentez ce blog, une nouvelle humeur…
Le temps passe très vite et je suis retiré ces temps-ci en Normandie, loin des connexions internet, au milieu des pommiers chargés de fruits prêts à tomber et d’étendues d’herbe grasse. Les forêts sont somptueuses et les sous bois couverts de champignons et de chataîgnes. J’y suis retiré pour voir le moins de monde possible et pouvoir ainsi écrire dans les meilleures conditions de sérénité et de concentration, ce qui pour moi est toujours un état difficile qui n’a rien de spontané. Je travaille à l’écriture d’un nouveau roman que j’aimerais remettre à mon éditeur vers la fin de l’année pour qu’il paraisse à la prochaine rentrée littéraire de 2009. Je ne quitte ma retraite que pour assurer la promotion de Quelques jours avec Christine A qui poursuit gentiment sa carrière et me promène aux quatre coins de la France. Je rentre tout juste de Saint Etienne où se tenait, au coeur de la ville, une très importante fête du livre et serai à Rouen en librairie, samedi prochain.
A Saint Etienne, pendant trois jours, nous avons vu défiler une foule immense qui piétinait devant les auteurs parqués, comme toujours derrière des tables couvertes de livre. Mais cette année, les tables sont restées couvertes de livres plus longtemps que d’habitude… Et oui, la crise dont on nous rabache les oreilles a aussi des répercussions sur le marché du livre et il ne faut pas le nier. La culture, et la littérature en particulier, n’est certainement pas la priorité des priorités pour des familles qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois. Jamais on n’a vu autant de gens s’intéresser aux livres, parler longuement avec les auteurs de façon assez pointue et, au moment fatidique, reposer le livre dans un grand soupir qui veut tout dire…Les livres sont chers et les gens hésitent à dépenser une vingtaine d’euros pour quelques heures de plaisir littéraire. Alors que faire ?
Arrêter de lire ? ce serait dramatique… Acheter des livres à plusieurs et les faire tourner d’un foyer à l’autre ?…Pourquoi pas mais le livre est un objet personnel qu’on souhaite garder dans son propre décor de vie, alors le voir s’imprégner de traces de doigts inconnues et incertaines…Alors que faire ? J’ai peut-être une idée…
C’est une évidence qu’il ne s’est jamais vendu autant de livres de poche. C’est flagrant sur les salons et dans les librairies. Seulement voilà, tous les livres ne paraissent pas au format de poche et les délais de publication en poche ne sont pas immédiat. On ne peut donc pas profiter de l’actualité littéraire si on se limite aux livres de poche. Je suggère donc que les éditeurs réfléchissent à un format intermédiaire entre le poche et le « grand format » comme on dit qui pourrait permettre de proposer des livres actuels à un prix intermédiaire et plus abordable entre les cinq ou six euros du poche et les vingt euros du « grand format ». Qu’en pensez vous ?
J’en ai déjà parlé à quelques auteurs ou quelques lecteurs qui trouvent l’idée séduisante. Il faut trouver quelque chose pour préserver la production littéraire et permettre aux gens de vivre en lisant ou de lire en vivant…
Alors si vous trouvez que cette idée est peut-être un début de solution, une bonne piste de réflexion, faites le savoir. Parlez en et demandez aux gens qui vous entourent de s’exprimer sur ce sujet. Ce blog leur, vous est ouvert ! En ce qui me concerne, j’en parle dès que je peux aux auteurs que je croise, aux éditeurs, aux journalistes, aux libraires. Faites la même chose !